Famille choisie Par Carré Curieux, Cirque vivant !

Oct/Nov/Déc 2018

Ceux qui ont vécu l’adoption ou connu des amitiés fulgurantes le savent : pas besoin de partager le même patrimoine génétique pour faire partie d’une tribu. La preuve avec Famille choisie qui regroupe quatre frères de cœur à défaut d’être frères de sang (1). Dans ce spectacle, l’ADN ne prend pas la forme d’une double hélice mais d’un Carré Curieux avec, à chaque coin de la piste, un acrobate qui ne tourne pas rond. Depuis leur sortie de l’Esac, en 2007, Kenzo Tokuoka, Gert De Cooman, Luca Aeschlimann et Vladimir Couprie unissent leurs talents circassiens (monocycle, magie, acrobatie aérienne, jonglerie, etc.) comme d’autres rassemblent leur trombine sur les albums de famille. Ils ont beau fonctionner au carré, il est inutile d’arrondir les angles avec eux, tant leur univers se gondole de douceur, de tendresse et de bonne humeur.
Éclose dans leur premier spectacle, Carré Curieux, qui a donné le nom de leur compagnie, cette alchimie fraternelle fleurit à présent dans une création plus fusionnelle que jamais puisque Famille choisie inaugure aussi, pour le quatuor, un nouveau mode de vie. Investissant dans un chapiteau, des caravanes et même une roulotte-école pour l’institutrice qui les accompagne en tournée, l’équipe a décidé d’emmener femmes et enfants sur les routes pour renouer avec les origines nomades du cirque.
Sans autre fil conducteur que cette plénitude à vivre et faire du cirque ensemble, les quatre mousquetaires de la piste se taquinent, se pourchassent et se défient sur la très cosy estrade de bois – carrée, forcément – qui trône au milieu du chapiteau. Comme des enfants s’amusant de tout et de rien pour finir dans des embardées rocambolesques, ils enchaînent des numéros de plus en plus décalés. On sourit de les voir se jouer des tours autour de tables empilées comme un mikado. On rit devant cet Ubu Roi qui se prend les pieds dans sa traîne et manie diablement le diabolo malgré une couronne dorée lui tombant sur les yeux. On frissonne quand celui-ci, chauve-souris acrobate, marche à l’envers, dans les airs, en glissant un bout de pied après l’autre dans des sangles précaires. Cerfs-volants hypnotiques, bulles de savons acrobatiques, playbacks olympiques : cette famille-là est plus barrée que carrée.

• Vu le 27/4 à Latitude 50, à Marchin.
Les 16 et 17/3 à la Piste aux Espoirs, Tournai. Du 28 au 30/3 aux Halles de Schaerbeek, Bruxelles ;  www.carrecurieux.be

(1) Lire également le reportage sur la préparation du spectacle dans « C!RQ en CAPITALE » n°15.

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LAURENCE BIBOT

Née à Bruxelles en 1968, Laurence Bibot se forme à la Kleine Academie, avant de rejoindre une foule de joyeuses aventures théâtrales, radiophoniques et télévisuelles : son humour fait des merveilles...

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L'auteur.e de l'article

Catherine Makereel

Catherine Makereel

Journaliste indépendante (Le Soir).